DOCUMENTSGérard Crepel par Roger Ballavoineà l’occasion de l"exposition en 1993 à l’espace d’art contemporain |
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Il y a des peintres méconnus, mais ça peut changer...qu’on découvre comme ça, un jour par hasard. Crépel qui ne copie personne mais aime le pays de Caux, son pays, n’a pas de galerie attitrée (On se demande bien pourquoi). mais il a du talent et surtout du tempérament.
À vif, a cru, naturellement, il transpose les fermes, les champs, les routes, les arbres. Il saisit la force (le chant) du vent d’hiver lorsque la neige résiste encore au premier redoux. Il a le coup d’œil pour installer une toile dans le paysage (et non l’inverse), il a la fougue qu’il faut pour plaquer un coup de soleil du soir, un champ de colza sous la chaleur, une ferme qui résiste au vent...Cauchois à plein vent, peintre à pleines mains, Crépel donne à ses accords, à ses harmonies le relief et la chaleur ; il suit la ligne de fuite des sillons, capte la force du tracteur dans la glèbe. Il peint aussi Barentin dans sa réalité : L’entassement des immeubles mais la vie qui passe dans la rue, une lumière crue sur un pignon.
Une œuvre personnelle, forte de sa sincérité, de son emballement. Crépel échappera ainsi à toute analyse logique puisqu’il n’est d’aucune école, ne vise aucune médiation, ne suit que son instinct qui lui offre l’aventure. Hors des normes, loin des repères, il peint comme il sent, il sent comme il respire. C’est un complice de la nature qui ne se confie, c’est prouvé, qu’à ceux qui l’aiment, à ceux qui écoutent chanter les arbres sous la pluie.
Roger Ballavoine